Pierre Alexandre AUBERT.

Né à Poix, le 16 février 1820, M. Aubert, ordonné prêtre le 10 juin 1843, puis vicaire à Sainte-Ménehould, avait pris possession, le 9 février 1845, de la cure de Notre-Dame de Juvigny, décédé à Juvigny le 9 juillet 1871. Actif et capable, M. Aubert, dès son arrivée à Juvigny, se consacra simultanément à la culture des belles-lettres, des sciences historiques et des beaux-arts. L’église de Juvigny, qui menaçait ruine, fut, par ses soins, entièrement reconstruite. Pendant l’hiver rigoureux de l’année 1847, M. Aubert prit l’initiative d’une souscription en faveur des malheureux qui se trouvaient sans pain. Son appel fut entendu, et des offrandes généreuses permirent de continuer les distributions hebdomadaires de secours en nature aux indigents du pays. Porté par son origine plébéienne et ses principes libéraux vers les doctrines républicaines, M. Aubert agréa volontiers la révolution du 24 février 1848, et accepta, le 19 mars suivant, la présidence du Comité électoral républicain de Juvigny. Lors de la plantation de l’arbre de la liberté, il s’attacha à démontrer à ses auditeurs la marche ascensionnelle des éléments constitutifs du progrès et de la vraie liberté, basée sur les lois de la fraternité humaine et du respect des droits de tous. La bénédiction d’un drapeau tricolore vint lui fournir une nouvelle occasion de rappeler l’intérêt puissant qui s’attachait à la défense de la liberté et des espérances immortelles. Sous l’Empire, M. Aubert consacra ses loisirs à des publications historiques. Il débuta par une Monographie de la commune de Juvigny, publiée en 1857. Collaborateur assidu du Journal de la Marne, de l’Annuaire, du Mémorial catholique et de notre Almanach, il a publié dans ces recueils politiques ou littéraires des travaux intéressants et variés ; nous citerons parmi ces derniers : Chaalon, ancien et nouveau, payen et chrétien, depuis son origine jusqu’en 1726, manuscrit inédit de P. Garnier ; et les Mémoires historiques sur la Champagne, ouvrage inédit de Beschefer ; des notices biographiques, etc. Secrétaire du Comice agricole de l’arrondissement de Châlons, M. Aubert avait aussi dirigé ses recherches vers l’Apiculture, science héréditaire dans sa famille. Il était arrivé, par ses observations patientes et ingénieuses, à des résultats importants pour l’amélioration de cette branche de la production agricole, et il avait vu ses efforts plusieurs fois récompensés dans les expositions régionales et par la Société d’Apiculture de Paris. Membre correspondant de l’Académie de Reims, de la Société pour la conservation des monuments historiques et de la Société de Sphragistique, M. Aubert prit une part active aux congrès archéologiques, tenus à Châlons en 1855 et à Reims en 1861. Membre de la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts de la Marne, il a publié dans les Mémoires de cette société d’intéressants rapports sur les concours historiques. En 1866, il créa la Semaine champenoise, journal du diocèse de Châlons.

Source: AMB 1872.

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Monographie de la commune de Juvigny

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